Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 23:20

Juste un petit mot pour ceux qui seraient curieux de savoir ce que je deviens.

 

Après mon retour des Philippines il y a dix jours, je repars demain, mais cette fois pour Compostelle.

 

Depuis longtemps, je caressais ce rêve. Faire ce pèlerinage en entier, de Liège à Saint-Jacques. Mais sans trop y croire puisque libérer les trois mois nécessaires pour cela me semblait tout simplement impossible. Et puis...

 

Et puis, obligé de prendre administrativement un an d'interruption de carrière pour mes six mois de troisième an aux Philippines, je me suis retrouvé avec ces trois mois résiduels à utiliser d'une manière ou d'une autre... Comme vous l'imaginez bien, il ne m'a pas fallu longtemps pour sauter sur cette occasion. Mon Provincial ayant été assez gentil pour comprendre et entrer dans ma démarche, me voici donc prêt à partir.

 

Pas de blog pendant ce pèlerinage, mais une démarche dans la prolongation de ce que j'ai vécu en grande retraite.

 

Et pour les premiers kilomètres, je marcherai avec un confrère jésuite, missionnaire au Congo d'un âge plus que respectable, qui a tenu à m'accompagner symboliquement pour franchir ce seuil initial du jour 1 : premier compagnon de route avant beaucoup d'autres !

 

Par Paul
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 15:00
Demain, le troisième an se termine.

Six mois passés à la vitesse de l'éclair, remplis d'expériences diverses et variées.

Le point d'orgue en fut incontestablement la grande retraite des trente jours, même si ce blog n'en a guère parlé, et pour cause ! Difficile de communiquer sur ce qui se produit au plus intime de l'âme et sur cette relation si particulière qui s'y développe avec Dieu. Les lignes de ma vie intérieure ont pas mal bougé pendant cette période ainsi que dans les mois qui ont suivi et j'ai reçu quelques cadeaux précieux. Pas d'auréole, rassurez-vous, et la photo "avant - après" ne devrait rien révéler de spectaculaire... même pas perdu de kilos (ni gagné d'ailleurs) !

Et puis les divers expériments : avec les familles pauvres du bidonville de Navotas pour se mettre dans le bain, au pays des "rice terraces" et des montagnards pour le temps de Noël, les villages de pêcheurs de Culion enfin, pour terminer en beauté. Dit comme cela, ça ferait presque catalogue de vacances. Mais pour moi, cela signifie à chaque fois une communauté chrétienne rencontrée, des célébrations de toutes sortes, une vie autre et différente découverte en passant. A Culion, l'expression qui revenait le plus souvent dans la bouche de mes interlocuteurs quand ils parlaient de leur existence, était : "it's a simple life, you know !" Une vie simple, en effet, mais qui n'a cessé d'interroger ma (nos ?) vie compliquée...

La réputation de l'hospitalité philippines est légendaire : elle n'est pas usurpée. Pourvu que vous soyez vous-mêmes simple et ouvert, tous les visage vous seront accueillants. Si vous y ajoutez quelques mots de Tagalog et le petit haussement de sourcil qui est ici le geste universel de reconnaissance, le geste magique comme j'avais coutume de l'appeler pour son don de déclencher de merveilleux sourires, et le monde philippin vous ouvrira ses portes...

Je vous ai relativement peu parlé de la vie communautaire et de nos activités à Manille. Un bon groupe, interculturel au possible, qui a progressivement construit une histoire commune qui va se prolonger encore pour quelques jours de vacances freelance.

Pour ma part, je ne rentrerai pas encore tout de suite en Belgique : d'abord ces dix jours de vacances avec trois autres tertiaires dans quelques îles du centre-sud des Philippines, ensuite, une semaine à Taïwan pour y rencontrer deux jésuites belges qui y vivent depuis pas mal d'années. Enfin, pour éviter l'émeute à mon arrivée à Bruxelles, je laisserai la date de mon retour en Belgique dans une certaine incertitude... Quant à la suite, cela doit encore être finalisé avec mon Provincial.

J'ai été heureux de tenir ce blog. D'imaginer de quoi j'allais pouvoir vous parler et comment vous présenter les choses m'a beaucoup amusé. J'espère qu'il vous a plu. Selon mes possibilités de connexion, je reviendrai peut-être vous donner quelques nouvelles, mais je ne promets rien, c'est plus prudent !

Je m'en voudrais de vous laisser sans quelques photos supplémentaires. Comme pour l'instant, nous sommes en plein début de l'été philippin (34 degrés dans ma chambre cet après-midi, et 28 pendant la nuit !), je vous mets un échantillon des photos que j'ai prises lors de la journée de détente que le curé de la paroisse de Culion a organisée pour nous avant notre départ pour les villages de pêcheurs. Malheureusement, du plus beau, les récifs coraliens, une pure et absolue merveille, presque inimaginable de beauté, et je pèse mes mots, vous ne verrez rien. Je n'ai pas d'appareil photo résistant à l'eau de mer ! Ne restent donc que les plages de sable blanc, ce qui n'est pas mal non plus, tout compte fait !

Enjoy et bon vent !

out1Au départ de l'excursion nous rencontrons la police locale guettant le délinquant sur une mer d'huile... on ne sait jamais, un thon sans permis de séjour pourrait passer par là !

out2Le curé appelait ça une "standard Palawan beach", ce qui donne une idée du niveau des plages par ici.

out3
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out5Debout à l'avant du bateau pour guetter la passe entre les récifs de coraux

out6Le plaisir de manger le riz et les nouilles avec ses doigts... un régal !

out7Un habitant inattendu, mais inoffensif.

out8Pas mal la buanderie ?
Si certains sont preneurs, c'est 10000 pesos pour 500 mètres carrés de terrain. Pour faire simple, 200 euros ! Sans eau, ni électricité, mais bon on ne peut pas tout avoir !







Par Paul
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 06:31
Sur la colline qui surplombe le presbytère, on trouve une grande statue de Jésus ouvrant ses bras vers la ville et une antenne gsm. Ni l'une ni l'autre ne sont vraiment des réussites esthétiques. Encore moins sont-elles capables d'inspirer quoi que ce soit.

Quoique...

Depuis la terrasse à leurs pieds, une vue magnifique s'étend sur Culion, sa baie et jusqu'aux îles avoisinantes !

Il ne m'a pas fallu longtemps pour en faire mon lieu de prédilection, l'endroit où passer l'heure ou l'heure et demie du crépuscule, à contempler le paysage offert, dans une paisible et calme beauté. 

Pas de coucher de soleil spectaculaire puisque la vue s'étend vers l'est. Mais quelle lumière ! Passant de l'or jaune à l'ocre, les derniers rayons du soleil caressent l'église, avant d'aller s'abimer dans la mer. Puis ce sont les îles à l'horizon qui voient le jour les quitter peu à peu, jusqu'aux nuages qui cèdent enfin aux assauts de la nuit.

Encore quelques minutes et la lune pourra se lever.

Si vous ajoutez à cela la fraîcheur de la brise, la cloche qui sonne l'angélus et l'odeur de la lande aux alentours qui taquine vos narines, le tableau sera complet.

A défaut de vous livrer ici le fruit de mes méditations en ce lieu, quelques photos pour vous en faire comprendre le goût...


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7Le lever de lune...

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Par Paul
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 03:48
Le dernier soir dans l'île, alors que nous nous rendions à la jetée en contre-bas de l'église pour un dernier plouf, voilà qu'au moment où nous arrivons au point de vue surplombant la mer, nous voyons un bateau au 3/4 immergé, avec des gens en train de nager et de crier tout autour. Vu que le bateau est à moins de trente mètres de la jetée et que la mer est calme, je ne m'inquiète pas et prend le temps de faire une photo.

naufr01
Quand soudain, en entendant les cris redoubler, je réalise : "ils ne savent pas nager !"

Nous dégringolons alors aussi vite que possible depuis le point de vue, le temps d'enlever nos chaussures et plouf, nous suivons les employés de l'hôtel tout proche, pour aider ceux qui essaient de rejoindre le rivage et ramener le bateau.

Après cinq ou dix minutes d'effort, tout le monde est sain et sauf et le bateau, ainsi que son contenu , est récupéré sans trop de dégats.

Que s'est-il passé ? Le bateau, surchargé à la mode philippine, et conduit par un "capitaine" ayant un peu trop bu, a commencé à embarquer de l'eau à chaque vague un peu plus forte, à s'allourdir d'autant, à être encore plus bas sur  la mer, et donc à embarquer davantage d'eau etc. Jusqu'au moment où le bateau s'est enfoncé pour de bon dans la mer. Les passagers, plutôt que de rester accrochés au bateau comme à une bouée (en bois et en bambou, le bateau continuait à flotter malgré tout), pris de panique, ont voulu rejoindre le rivage tout proche... alors qu'ils ne savaient pas nager. Après quelques mètres, ils ne savaient plus quoi faire, et si le personnel de l'hôtel n'était pas arrivé à ce moment avec des gilets de sauvetage (et ce sont tous d'excellent nageurs), pas sûr qu'ils s'en soient sorti !

J'ai encore devant moi l'image d'un homme et de son petit garçon (en bas à gauche sur la photo) en train de s'enfoncer sous l'eau, à moins de 10 m de la rive, avant qu'un des sauveteur ne les atteignent avec un gilet de sauvetage. Ils auraient pu tout aussi bien se noyer juste là, à portée de main...

Pour ma part, j'ai simplement aidé à remorquer le bateau jusqu'à la rive.

naufr02En train d'écoper pour remettre le bateau à flot

naufr03 Sans commentaire...
Mais 5 s après, il souriait de nouveau en se voyant sur la photo !

naufr04 Et comme tout s'est bien terminé, une petite photo avec l'équipe de choc de l'hôtel Maya.




Par Paul
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 03:38
Les Philippines ont aussi leur lot de "Peuples indigènes". Il est difficile d'en donner une définition. On pourrait dire : ce sont ceux qui étaient là avant. Avant quoi ? Disons, l'arrivée des Philippins d'autres régions, métissés d'espagnol et de chinois... Il y en a un peu partout et il sont aussi divers que le nombre de régions qui composent les Philippines. J'en avais rencontré en Ifugao, pendant la période de Noël. Ceux-là étaient plutôt de tradition guerrière (d'anciens chasseurs de têtes, rien que ça) et fiers de leurs origines et de leurs traditions.

A Culion, c'est une toute autre perspective.

Avant d'arriver, on vous prévient soudain, sur le ton de la confidence, comme s'il s'agissait de révéler un terrible secret : "ici, c'est un village d'indigènes". Vous vous attendez alors à quelque chose d'exotique, de différent, d'étrange, de féroce, peut-être ? Et puis...

Rien !

A vos yeux d'étranger, rien ne les distingue vraiment des autres, du moins extérieurement. Un fifrelin plus sombres peut-être ? Simplement, leurs villages sont un peu plus isolés, un peu plus pauvres et leurs habitants un peu plus timides que les autres. Il n'y aura sans doute ni grand bateau, ni maison en dur. Et personne, ou presque, ne comprendra votre anglais !

Mon compagnon jésuite me disait : ce sont probablement les plus pacifiques des Philippins. Parce qu'ils croient que la mer est immense et les îles innombrables, si des étrangers viennent pour occuper leurs terres, ils s'en vont simplement un peu  plus loin, sur une autre île ou dans une autre vallée. Ne suffit-il  pas de bambous pour se construire une maison, et de palmiers pour la couvrir d'un toit ? La mer n'est-elle pas toujours là pour fournir le poisson nécessaire à la vie ?

On ne peut pas dire que j'en aie vraiment fait la connaissance. Je n'ai fait que passer dans trois de leurs villages pour y célébrer le mercredi des cendres. A chaque fois, ils n'étaient pas prévenus de notre arrivée et n'avaient donc rien à nous offrir à manger (ce qui est surprenant selon les coutumes standards de l'hospitalité philippine et, en soi, une indication de leur mode et de leur niveau de vie...) Voilà simplement quelques photos prises lors de ces passages, avec quelques commentaires de mon cru.

ip03En arrivant par la mer...

ip04 ... on a un premier aspect du village
(les deux photos sont prises en arrivant dans deux villages différents)

ip05 Le débarquement a toujours un petit côté paradisiaque...

ip01 jusqu'au moment où on voit la chapelle !
Cette photo mérite un petit commentaire. Le village où elle est prise (cf les deux photos précédentes) se trouve sur un rivage donnant sur la pleine mer (mer de Chine méridionale), ce qui le rend plus difficilement accessible. Dans les baies et chenaux entre les îles, vent, vagues et houle sont atténués. Ici, ils ont leur pleine force et quand on voit la taille des bateaux locaux, on peut comprendre la difficulté d'accès.

Ils n'avaient donc pas reçu de visite du curé depuis plus d'un an. Entre temps, un pasteur protestant étant passé par là, pas mal d'habitants (dont la dame à droite sur la photo) sont "passés" avec armes et bagages au culte "évangélique". Le besoin religieux est là, bien présent, mais les apôtres sont rares... les gens vont donc naturellement à celui qui fait l'effort de les visiter. C'est ainsi que le village est redevenu catholique le temps de ma présence, la dame "protestante" faisant la lecture et animant les chants pendant la messe...

ip02 Autre communauté indigène

ip06 En traversant le village.
Remarquez au passage, l'état de propreté impeccable des lieux...
Quel contraste avec Manille et la grande ville soi-disant civilisée !

ip08 Instantanné !

ip07 Et quand vous repartez pour le large, vous vous demandez : tout cela n'était-il qu'un rêve ???
Par Paul
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